« Art et blockchain : où en est-on ? »

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© Guillaume Nédellec / Hans Lucas

Chronique de 
Founder @GoBetween Art Agency

A quelques semaines d’intervalle à Paris, deux événements rassemblant des acteurs du marché de l’art ont permis de s’interroger sur la place des nouvelles technologies dans le secteur, démontrant en particulier comment l’une d’entre elles, la blockchain, peut dès aujourd’hui apporter des solutions nouvelles dans ce marché mondialisé et globalisé, ouvert 24h/24, 7 jours sur 7…

Blockchain quésako ? Cette expression anglo-saxonne définit une technologie de stockage et de transmission d’information. Une blockchain est constituée de bases de données alimentées par ses utilisateurs, dont la gestion est assurée par des ordinateurs interconnectés. Ces bases de données peuvent contenir des informations de toutes natures, qui sont cryptées et immuables, donc infalsifiables… On imagine alors assez facilement l’intérêt suscité depuis son avènement grand public dans le domaine de la finance avec la cryptomonnaie et les fameux bitcoins, et aujourd’hui dans un autre secteur de transactions à sécuriser, celui des acquisitions et ventes d’œuvres d’art.

Le 5 novembre dernier, lors de la 1ère édition de The Art Market Dayà l’initiative du groupe Beaux Arts Magazines au Centre Pompidou, puis le 27 novembre à la Convention Nationale des Commissaires-priseurs, organisée par le SYMEV* à l’Automobile Club de France, la parole a été donnée à de nouveaux acteurs de cette technologie, afin de présenter leurs applications, utilisables par l’ensemble des intervenants dans la chaîne de valeur de l’oeuvre, depuis l’artiste jusqu’aux collectionneurs.

Certains de ces nouveaux outils proposent à l’artiste ou ses ayant-droits de stocker toutes les informations relatives à son œuvre dans la blockchain, et donc déditer à terme des certificats d’authenticité infalsifiables,  garantissant ainsi l’attribution de l’œuvre, des solutions de marquage d’œuvres d’art** – à partir d’une signature unique et immuable –  assurant par ailleurs une identification fiable de l’œuvre en permettent de relier l’œuvre physique à ces informations numériques stockées.

D’autres solutions basées sur cette technologie permettent de réaliser des catalogues raisonnés digitaux et infalsifiables, assurant à terme une traçabilité fiable des oeuvres.

Les maisons de vente, marchands d’art, galeries (physique ou en ligne), collectionneurs, futurs acquéreurs, assureurs, experts ont aussi à leur disposition des applications fournissant à tout moment des informations infalsifiables, afin de garantir la provenance de l’objet et son attribution, ou bien encore de s’assurer de sa bonne conservation.

Si on se réfère au dernier rapport Hiscox sur l’état du marché de l’art en ligne en 2018, environ 4 acheteurs sur 10 (43%) ont acheté au cours des 12 derniers mois des oeuvres en ligne***, donc à distance. Or l’un de freins les plus importants à l’achat à distance est la crainte d’acquérir une contrefaçon… Et la mise à disposition de ces applications issues de la technologie blockchain devrait permettre de faire croître, notamment, ces acquisitions en ligne. Car accéder où que l’on se trouve à des informations relatives à une œuvre, validant de façon infalsifiable son identification, permettra de franchir un pas considérable vers la transaction.

Ces solutions comme celles à venir, ont vocation à garantir l’identification d’un objet préalablement authentifié, cette nouvelle technologie reposant avant tout sur la confiance, à savoir la fiabilité des informations introduites dans les bases de données. Alors si certains craignent le « tout virtuel », le 100% dématérialisé, voire le remplacement de l’homme par la machine qu’ils se rassurent…

Quelle que soit la technologie utilisée, la source de l’information doit être fiable et l’information certaine ! Ainsi le tiers de confiance qu’il soit commissaire-priseur, expert, ou toute personne qualifiée garantissant l’information, continuera de jouer un rôle-clé, rappelant la vocation première de toute technologie, être au service de ses utilisateurs et de la blockchain, celle de stocker, protéger et sécuriser des informations…

**Puce électronique – sceau physique – ADN synthétique notamment
***Soit 4,2 milliards de dollars en 2017 en progression de 12% – Sources Hiscox rapport marché de l’art en ligne 2018

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